Personne ne s’y attendait, mais Hossam Hassan l’a fait. Profitant de la conférence de presse d’avant le match face à l’Argentine, pour le compte des 8es de finale de la Coupe du monde 2026, le sélectionneur national d’Égypte s’est fondu dans un discours poignant qui rappela la triste réalité du peuple palestinien, qui se meurt et qui résiste chaque jour, au moment où la planète est éprise par la frénésie du football et de son Mondial.
Le coach égyptien, dont il faudra longtemps saluer le courage et la pertinence de son intervention, a rappelé les humains à leur réalité que, souvent, eux-mêmes veulent cacher, et à leurs devoirs face à l’indifférence des politiques.
Car au moment où des footballeurs font rouler la baballe sur du gazon-billard et que des milliers de supporters font la fête dans les tribunes, l’état de famine a été reconnu pour plus de 500 000 habitants par les experts d’agences internationales, après la destruction ou l’endommagement de 80 % du bâti à Gaza et le triste bilan de 67 173 Palestiniens tués, dont 20 179 enfants, selon le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires au 7 octobre 2025, soit après deux ans d’un génocide sans précédent.
Quand Hossam Hassan rappela la tragédie du peuple palestinien, et plus particulièrement celle de la population de Gaza, c’est pour amener tout un chacun à faire son examen de conscience et à relativiser les drames, entre perdre un match de football ou subir une élimination, la plus décevante ou la plus cruelle soit-elle, et perdre ses parents, comme l’ont été les 58 554 enfants recensés au 1er décembre 2025. De quoi remplir tout un stade de la Coupe du monde, comme celui de Boston ou de Vancouver, là où a joué l’équipe nationale algérienne son dernier match face à la Suisse.
Au moment où, comme l’a rappelé également Hossam Hassan, l’on profite de la fraîcheur d’une climatisation ou du bonheur d’une boisson fraîche ou d’un fruit succulent, une population déjà fragilisée crève sous une chaleur suffocante, sous des tentes souvent précaires et surtout sans eau. Ce liquide, dont plusieurs ONG et associations humanitaires font leur bataille quotidienne pour l’acheminer selon plusieurs procédés dans un territoire ayant perdu la moitié de ses hôpitaux et plus de 500 bâtiments scolaires.
Malgré le cessez-le-feu, adopté le 9 octobre 2025, la situation demeure fragile, car des assassinats ainsi que des exactions sont commis régulièrement par l’État sioniste dans un territoire minuscule où 90 % de
la population a été déplacée. Derrière l’épouvantail du « cessez-le-feu », on continue à détruire et à tuer, même à petit feu. Hossam Hassan a rappelé à l’humanité, et à la famille du football en particulier, que les vertus du sport et les valeurs que la FIFA véhicule tout le temps n’ont pas de sens si elles ne vont pas au-delà d’un Mondial pour venir en aide à une population écrasée par une armée sans foi ni loi.
– LAFORDASSE
L’article CM : Merci Hossam Hassan, merci ! est apparu en premier sur Foot Afrique.